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Toussaint

Découvrez les raisons historiques et culturelles derrière le jour chômé du pourquoi le 1er novembre est férié

Le 1er novembre est la Toussaint et un jour férié légal en France, mais pas toujours un jour obligatoirement chômé. Histoire chrétienne, souvenir des morts, droit du travail et traditions : les repères essentiels.

Par la rédaction 11 min de lecture
Découvrez les raisons historiques et culturelles derrière le jour chômé du pourquoi le 1er novembre est férié

Pourquoi le 1er novembre est-il férié en France, et pourquoi est-il si souvent associé aux cimetières alors que le calendrier catholique distingue la Toussaint du jour des morts ? Derrière cette date se rencontrent une fête chrétienne ancienne, l’histoire du calendrier civil français, des pratiques familiales de mémoire et quelques idées reçues tenaces. Voici les repères nécessaires pour comprendre ce jour férié dans sa dimension religieuse, culturelle et très concrète.

Le 1er novembre est férié, mais pas nécessairement chômé

Dans le langage courant, on dit volontiers que la Toussaint est un « jour chômé ». Juridiquement, la nuance est importante : le 1er novembre est d’abord un jour férié légal. Il figure, avec dix autres dates, dans la liste des jours fériés prévue par le Code du travail français.

Un jour férié n’entraîne cependant pas automatiquement la fermeture de toutes les entreprises ni le repos de tous les salariés. Hôpitaux, transports, hôtellerie-restauration, commerces autorisés à ouvrir, médias ou services de sécurité continuent notamment de fonctionner. Les modalités applicables dépendent d’un accord d’entreprise, de la convention collective ou, à défaut, de la décision de l’employeur dans le cadre légal.

La règle à connaître

En France, seul le 1er Mai est, en principe, obligatoirement chômé et payé pour les salariés, sauf dans les activités qui ne peuvent pas s’interrompre. La Toussaint est bien fériée, mais le travail ce jour-là et sa rémunération relèvent généralement des accords applicables dans l’entreprise ou le secteur.

Pour les salariés qui ne travaillent pas ce jour-là, le maintien de la rémunération obéit aussi à des règles précises, parfois plus favorables dans les conventions collectives. Une ancienneté minimale peut notamment entrer en jeu dans le cadre général du Code du travail. À l’inverse, travailler le 1er novembre n’ouvre pas, à lui seul, un droit universel à une majoration de salaire ou à un double paiement : il faut vérifier le contrat, l’accord collectif ou les usages de l’entreprise.

Que se passe-t-il si le 1er novembre tombe un week-end ?

Il n’existe pas, en droit français, de règle générale imposant de reporter un jour férié qui tombe un samedi ou un dimanche. Un salarié ne bénéficie donc pas automatiquement d’un jour de récupération le lundi suivant. Là encore, une convention collective, un accord d’entreprise ou un statut particulier peut prévoir une disposition plus avantageuse.

Autre conséquence utile : lorsqu’un jour férié habituellement chômé dans l’entreprise survient pendant des congés payés, il n’est en principe pas décompté comme un jour de congé. S’il s’agit en revanche d’un jour habituellement travaillé, la situation diffère. Pour une réponse adaptée, mieux vaut consulter les règles de son entreprise plutôt que se fier à une habitude familiale ou à une information générale.

La Toussaint : une fête de tous les saints, connus ou inconnus

Le mot « Toussaint » signifie littéralement « tous les saints ». Dans la tradition catholique, la fête du 1er novembre honore l’ensemble des personnes reconnues comme vivant dans la communion de Dieu : les saints officiellement canonisés, mais aussi tous ceux qui ne sont connus d’aucun calendrier ni d’aucune représentation.

Cette précision évite une confusion fréquente. Le 1er novembre ne correspond pas, dans le calendrier liturgique catholique, à la commémoration de tous les morts. Il célèbre les saints. La journée suivante, le 2 novembre, est consacrée à la commémoration de tous les fidèles défunts. Cette séparation est claire sur le plan religieux, mais elle s’est largement estompée dans les usages français.

La Toussaint s’inscrit dans une vision chrétienne de la sainteté qui dépasse les figures célèbres. Elle rappelle que la foi ne se limite pas à des héros religieux exceptionnels : elle valorise aussi les existences discrètes et l’espérance d’une vie au-delà de la mort. Les catholiques pratiquants peuvent assister à la messe ; d’autres vivent surtout cette journée comme un temps familial, patrimonial ou symbolique.

La Toussaint célèbre les saints ; le jour des morts invite à prier pour les défunts. Dans la vie sociale française, les deux moments se rejoignent souvent parce que le 1er novembre est le jour férié.

Comment la fête s’est installée au 1er novembre

La fête n’est pas née d’un seul décret tombé du ciel ni d’une volonté simple de remplacer une célébration plus ancienne. Son histoire est faite de déplacements de dates, de traditions locales et d’une progressive extension dans l’Occident chrétien.

Dès les premiers siècles du christianisme, les communautés honorent les martyrs, souvent à des dates propres à chaque Église ou à chaque lieu. Lorsqu’il devient impossible de célébrer individuellement tous les martyrs et saints, l’idée d’une fête collective se développe. À Rome, une commémoration de tous les martyrs est notamment associée à la dédicace du Panthéon chrétien au début du VIIe siècle, alors célébrée au printemps.

La fixation au 1er novembre prend forme à Rome au VIIIe siècle, sous le pape Grégoire III, qui dédie une chapelle de la basilique Saint-Pierre à tous les saints. Au siècle suivant, la célébration est favorisée dans l’empire carolingien, notamment sous Louis le Pieux, avant de s’ancrer durablement dans le calendrier occidental. Il faut donc voir dans la date actuelle le résultat d’une construction liturgique et politique progressive, non l’effet d’une origine unique.

La piste celtique : une proximité réelle, un lien direct incertain

Le 1er novembre est souvent présenté comme la christianisation directe de Samain, une fête saisonnière des sociétés celtiques marquant le passage vers la période sombre de l’année. La proximité calendaire est réelle : dans les traditions gaéliques, la nuit du 31 octobre au 1er novembre constituait un seuil important. L’automne était aussi, dans de nombreuses sociétés rurales européennes, une période de fin des récoltes, de préparation de l’hiver et de renouvellement des cycles sociaux.

Mais affirmer que l’Église aurait simplement « remplacé » Samain par la Toussaint est trop catégorique. Les sources ne permettent pas d’établir une relation causale unique et directe. L’Église a certes souvent inscrit ses fêtes dans des calendriers et des sociétés déjà structurés par des rites saisonniers. Cela ne suffit pas à réduire la Toussaint à un habillage chrétien d’une fête païenne.

La prudence est d’autant plus nécessaire que Samain n’était pas uniformément une « fête des morts » au sens moderne. Elle relevait d’un ensemble de pratiques et de croyances variables selon les régions et les époques. L’histoire est plus intéressante lorsqu’on accepte cette complexité : les calendriers religieux, agricoles et populaires se sont influencés, sans se confondre totalement.

DateNom et sens religieuxUsage social courant en France
31 octobreVeille de la Toussaint dans la tradition chrétienne occidentaleHalloween, fête populaire contemporaine largement influencée par les cultures anglo-saxonnes
1er novembreToussaint : célébration de tous les saintsJour férié légal ; visites familiales et fleurissement fréquent des tombes
2 novembreCommémoration des fidèles défuntsRecueillement pour les proches morts ; souvent anticipé au 1er novembre car ce n’est pas un jour férié général

Pourquoi fleurit-on les tombes à la Toussaint ?

La visite au cimetière et le fleurissement des sépultures sont, pour beaucoup de familles, le geste le plus visible de la période. Pourtant, cette pratique ne découle pas d’une obligation spécifique attachée à la Toussaint. Elle tient à la rencontre entre la commémoration chrétienne des défunts, les traditions de piété familiale et la commodité d’un jour férié qui permet de se déplacer.

Le 2 novembre étant un jour ouvré pour une grande partie de la population, les familles ont progressivement pris l’habitude de se recueillir la veille, le 1er novembre. Cette proximité explique que l’on parle parfois, par raccourci, de la Toussaint comme du « jour des morts ». Le raccourci est socialement compréhensible, mais il n’est pas exact du point de vue liturgique.

Le chrysanthème, une tradition française plus qu’un symbole universel

Le chrysanthème s’est imposé comme la fleur des cimetières en France pour des raisons très concrètes : il fleurit à l’automne, offre une grande variété de formes et de couleurs, et résiste relativement bien au froid. Son association avec le souvenir des morts s’est renforcée au cours du XXe siècle, notamment dans le contexte des commémorations après la Première Guerre mondiale.

Ce code n’est pas universel. Dans plusieurs pays d’Asie, le chrysanthème peut aussi être lié à la longévité, à la noblesse ou à la joie. En France, offrir des chrysanthèmes à quelqu’un sans intention funéraire peut donc être mal interprété, tandis qu’ailleurs la même fleur ne porte pas du tout cette charge symbolique.

Un geste libre, pas une obligation

Fleurir une tombe, allumer une bougie, se réunir en famille ou ne rien faire de particulier : toutes ces attitudes coexistent. La mémoire des disparus est une pratique intime, qui peut être religieuse, laïque, familiale ou personnelle.

Du Día de los Muertos à Halloween : des traditions qu’il ne faut pas confondre

La période de la fin octobre et du début novembre concentre, dans de nombreux pays, des fêtes liées à la mémoire, aux ancêtres, à la saison ou aux saints. Leur proximité ne signifie pas qu’elles ont la même origine ni le même sens. Elles montrent plutôt que les sociétés ont souvent choisi ce moment de l’année pour ritualiser le passage, la famille et le souvenir.

Au Mexique, le Día de los Muertos, célébré autour des 1er et 2 novembre, est une tradition majeure qui mêle héritages autochtones et influences catholiques. Les autels domestiques, les photographies, les fleurs, les mets et les rencontres familiales y occupent une place centrale. Il ne s’agit ni d’une version mexicaine de la Toussaint française ni d’une fête morbide : le lien avec les défunts s’y exprime souvent par la couleur, la nourriture et le récit.

En Espagne, en Italie, en Belgique ou en Pologne, le 1er novembre est également un jour férié ou une date de recueillement très marquée, avec des pratiques de cimetière parfois comparables à celles de la France. Ailleurs, la Toussaint peut rester essentiellement religieuse, sans avoir de statut civil particulier.

Halloween mérite une distinction à part. Son nom vient de All Hallows’ Eve, la veille de la fête de tous les saints. La fête contemporaine des déguisements, des citrouilles et de la collecte de friandises s’est surtout développée dans le monde anglophone, avant de se diffuser ailleurs. Elle possède des racines multiples, dont des traditions gaéliques et chrétiennes, mais n’est ni l’équivalent de la Toussaint ni celui du jour des défunts.

Pourquoi une République laïque conserve-t-elle ce jour férié ?

La présence de la Toussaint dans le calendrier français peut étonner dans un État laïque. La laïcité n’a toutefois pas pour objet d’effacer toutes les traces historiques du religieux dans l’organisation sociale. Elle garantit d’abord la liberté de conscience et la neutralité de l’État à l’égard des cultes. Les jours fériés hérités du calendrier chrétien sont devenus, au fil du temps, des repères civils et sociaux partagés bien au-delà de la pratique religieuse.

Le calendrier légal français s’est construit par strates. La loi du 8 mars 1886 a notamment établi une liste de jours fériés comprenant plusieurs fêtes chrétiennes, dont la Toussaint. D’autres dates, civiles ou mémorielles, y ont été ajoutées ou ont évolué : fête nationale du 14 Juillet, commémorations des armistices, 1er Mai. Le résultat n’est pas un système religieux cohérent, mais un compromis historique entre traditions, mémoire nationale et organisation du travail.

Des débats existent régulièrement sur la place des fêtes d’origine religieuse dans un calendrier commun, ou sur la possibilité de mieux prendre en compte la diversité des convictions. Ils sont légitimes, à condition de distinguer deux questions : la valeur spirituelle que chacun attribue à la date, et son rôle pratique de temps collectif de pause. Modifier un jour férié suppose en effet de considérer les familles, l’école, les entreprises, les services publics et les habitudes de toute la société.

Les bons repères à retenir pour le 1er novembre

Pour comprendre et vivre la Toussaint sans confusion, quelques règles simples suffisent. D’abord, ne confondez pas la fête des saints et la commémoration des morts : elles se suivent, mais elles ne désignent pas la même chose. Ensuite, ne supposez pas qu’un jour férié vous donne systématiquement droit au repos ou à une rémunération majorée : votre convention collective est souvent décisive.

  • Vous travaillez le 1er novembre ? Consultez votre convention collective, votre contrat et les notes de service relatives aux jours fériés.
  • Vous souhaitez vous recueillir ? Les cimetières peuvent être plus fréquentés et les fleuristes très sollicités à l’approche de la date ; anticiper facilite l’organisation.
  • Vous accompagnez des enfants ? Expliquez la différence entre Halloween, la Toussaint et le jour des défunts : elle aide à respecter les sensibilités tout en donnant du sens aux traditions.
  • Vous ne vous inscrivez dans aucune pratique religieuse ? Le 1er novembre peut rester un jour de repos, de transmission familiale ou de souvenir personnel, sans obligation de rite.

Plus qu’un simple jour sans école ou sans bureau, le 1er novembre révèle ainsi la manière dont une société conserve, transforme et partage ses héritages. Sa force tient précisément à cette superposition : une fête chrétienne, un cadre légal, une date de mémoire et, pour beaucoup, une occasion de ralentir.

Questions fréquentes

Le 1er novembre est-il obligatoirement chômé pour tous les salariés ?

Non. Le 1er novembre est un jour férié légal, mais il n’est pas obligatoirement chômé dans toutes les entreprises. Les règles dépendent notamment de l’accord d’entreprise, de la convention collective ou de l’employeur à défaut d’accord.

Le 1er Mai est le seul jour férié qui est, en principe, obligatoirement chômé et payé, sauf dans les activités qui ne peuvent pas s’arrêter.

Quelle est la différence entre la Toussaint et le jour des morts ?

La Toussaint, le 1er novembre, est une fête catholique en l’honneur de tous les saints, y compris ceux qui ne sont pas connus officiellement. Le 2 novembre est la commémoration des fidèles défunts, consacrée à la mémoire et à la prière pour les morts.

En France, les deux dates sont souvent associées parce que le 1er novembre est férié et facilite les visites au cimetière.

Pourquoi met-on des chrysanthèmes sur les tombes à la Toussaint ?

Les chrysanthèmes fleurissent naturellement à l’automne et résistent assez bien aux températures de saison. Ils se sont imposés en France au cours du XXe siècle comme fleurs de cimetière, notamment dans le contexte des commémorations liées à la Première Guerre mondiale.

Il s’agit d’une tradition sociale, et non d’une obligation religieuse.

La Toussaint vient-elle directement de la fête celtique de Samain ?

La proximité entre la Toussaint et Samain, ancienne fête saisonnière gaélique située autour du 1er novembre, est réelle. Cependant, les historiens ne disposent pas d’éléments permettant d’affirmer que l’Église a simplement remplacé Samain par la Toussaint.

La fixation de la Toussaint au 1er novembre résulte d’une évolution propre au christianisme occidental, dans un contexte où les calendriers religieux et saisonniers pouvaient se croiser.

Si le 1er novembre tombe un dimanche, ai-je droit à un jour de récupération ?

Pas automatiquement. Le droit du travail français ne prévoit pas de report général des jours fériés qui tombent un samedi ou un dimanche.

Un jour de récupération peut toutefois être prévu par une convention collective, un accord d’entreprise ou un statut particulier. Il faut donc vérifier les règles applicables dans votre entreprise.

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