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Running

Point de côté en courant : pourquoi il apparaît et comment l'éviter

Cette douleur qui saisit le flanc au bout de quelques minutes de course n'est ni un signe de mauvaise forme ni un hasard : elle a une cause bien identifiée, liée à la respiration et à la digestion. Comment la comprendre et surtout l'éviter dès la prochaine sortie.

Par la rédaction 8 min de lecture
Coureur en pleine foulée sur un chemin, lumière naturelle du matin

Ce point qui transperce le flanc, juste sous les côtes, au bout de quelques minutes de course : presque tous les coureurs, du débutant au marathonien confirmé, l'ont un jour ressenti. Cette douleur soudaine, parfois assez intense pour couper l'allure ou forcer l'arrêt complet, porte un nom médical, la douleur abdominale transitoire liée à l'exercice, et une explication bien plus précise qu'on ne le croit souvent. Loin d'être une fatalité ou un signe de mauvaise condition physique, le point de côté répond à des mécanismes identifiés, liés à la respiration, à la digestion et à la posture de course, que l'on peut anticiper et corriger. Voici pourquoi il survient, comment le faire disparaître en pleine course, et surtout comment l'éviter dès la prochaine sortie.

Ce qui se passe réellement dans le corps

Le point de côté touche le plus souvent un point précis, sous les côtes, à droite ou plus rarement à gauche, parfois jusque dans l'épaule. Les chercheurs qui l'étudient penchent aujourd'hui pour une irritation du péritoine pariétal, la fine membrane qui tapisse l'intérieur de l'abdomen et enveloppe les organes digestifs, provoquée par le frottement répété entre cette membrane et la paroi abdominale à chaque foulée. Une autre hypothèse, plus ancienne mais toujours valable pour une partie des cas, met en cause le diaphragme lui-même, ce grand muscle respiratoire situé sous les poumons, qui se contracte de façon trop brutale ou insuffisamment irriguée en sang lorsque la respiration devient rapide et superficielle. Dans les deux cas, la douleur n'a rien de dangereux : elle ne signale ni lésion musculaire, ni problème cardiaque, ni trouble digestif sérieux. C'est un désagrément mécanique, gênant mais totalement bénin.

Manger ou boire trop près de l'effort, le premier facteur

Courir l'estomac trop plein reste, de très loin, la cause la plus fréquemment associée au point de côté. Un repas copieux pris moins de deux heures avant de chausser ses baskets, un plat riche en graisses ou en fibres qui digère lentement, ou simplement une grande quantité de liquide avalée juste avant le départ, tout cela alourdit l'estomac et accentue les mouvements des organes digestifs à chaque foulée, ce qui favorise l'irritation du péritoine. Les boissons très sucrées ou gazeuses aggravent encore le phénomène, car elles ralentissent la vidange gastrique et ajoutent une gêne supplémentaire. C'est pourquoi le point de côté frappe si souvent en début de course, dans les quinze à vingt premières minutes, le temps que l'organisme redirige la circulation sanguine vers les muscles en activité et laisse l'appareil digestif se mettre au repos.

Une respiration trop superficielle au démarrage

Le second facteur, tout aussi déterminant, tient à la façon de respirer pendant l'effort. En partant trop vite, beaucoup de coureurs adoptent instinctivement une respiration courte et haute, concentrée dans le haut de la poitrine, plutôt qu'une respiration profonde qui mobilise pleinement le diaphragme. Cette respiration superficielle fatigue le diaphragme plus vite et le prive d'un mouvement ample et régulier, ce qui le rend plus sensible à l'irritation. Le lien entre respiration et foulée joue aussi un rôle : chez de nombreux coureurs, l'expiration tombe systématiquement du même côté à chaque cycle de pas, ce qui concentre toujours la même contrainte sur le même point de l'abdomen et finit par déclencher la douleur toujours du même côté.

Le manque d'échauffement et l'allure trop soutenue

Se lancer directement à allure rapide, sans phase de mise en route, multiplie le risque de point de côté. Un démarrage progressif laisse le temps au diaphragme et à l'ensemble du système cardio-respiratoire de s'adapter en douceur à l'effort, tandis qu'une accélération brutale les sollicite d'un coup, sans marge d'ajustement. C'est également pour cette raison que le point de côté survient plus volontiers lors d'une compétition, où l'excitation du départ pousse à partir plus vite que d'habitude, que lors d'un footing tranquille couru à allure connue. Le manque d'entraînement général joue aussi : un diaphragme peu sollicité, comme n'importe quel muscle, fatigue plus vite et devient plus sensible à l'irritation lorsqu'il est mis à contribution de façon intense.

Que faire quand le point de côté apparaît en pleine course

S'arrêter net n'est presque jamais nécessaire et prolonge parfois inutilement la gêne. La plupart des points de côté s'atténuent en une à deux minutes avec quelques ajustements simples, sans interrompre complètement l'effort.

  • Ralentir franchement l'allure, sans nécessairement s'arrêter, le temps que la douleur reflue.
  • Expirer profondément et longuement par la bouche, en soufflant fort, plutôt que de respirer de façon courte et haletante.
  • Presser légèrement la zone douloureuse avec la main tout en continuant à courir ou marcher, un geste qui soulage une partie des coureurs.
  • Se pencher légèrement vers l'avant en expirant, ce qui détend la zone abdominale concernée.
  • Modifier volontairement le rythme respiration-foulée, en changeant le pied sur lequel tombe l'expiration, pour redistribuer la contrainte sur l'abdomen.
  • Si la douleur persiste malgré tout après quelques minutes de marche, il est préférable d'arrêter la séance plutôt que d'insister.

Le réflexe le plus efficace

Souffler fort et longuement par la bouche en ralentissant l'allure, sans s'arrêter complètement, reste le geste le plus fiable pour faire disparaître un point de côté en quelques minutes de course.

Prévenir le point de côté avant même de courir

La meilleure stratégie reste, comme souvent, préventive. Quelques ajustements simples dans les heures et les minutes qui précèdent la sortie réduisent nettement la fréquence des points de côté, sans nécessiter d'équipement ni de changement radical d'entraînement.

FacteurCe qui aggrave le risqueCe qui le réduit
AlimentationRepas copieux ou gras moins de 2h avant l'effortRepas léger 2 à 3h avant, ou collation digeste 30 min avant
HydratationGrande quantité de liquide juste avant le départPetites gorgées régulières, évitées juste avant de partir
BoissonsBoissons gazeuses ou très sucrées avant l'effortEau plate à température ambiante
DémarrageDépart rapide, sans échauffement5 à 10 minutes d'échauffement progressif
RespirationRespiration courte et haute, concentrée en haut du thoraxRespiration profonde, ample, qui mobilise le ventre

Un programme de course à pied progressif pour les débutants intègre naturellement cette montée en charge douce, qui laisse au diaphragme le temps de s'habituer à l'effort régulier. Travailler la respiration ventrale en dehors des sorties, par quelques minutes d'exercice respiratoire conscient chaque jour, renforce également le diaphragme et le rend moins vulnérable à l'irritation pendant l'effort.

Un étirement ciblé pour accélérer le soulagement

Au-delà du ralentissement et de la respiration, un étirement précis aide certains coureurs à faire refluer la douleur plus vite. Il consiste à lever le bras du côté douloureux au-dessus de la tête, puis à s'incliner doucement vers le côté opposé, tout en continuant à marcher ou à trottiner lentement : ce mouvement étire la paroi abdominale et la cage thoracique du côté touché, ce qui détend la zone irritée. Le maintenir quelques secondes, relâcher, puis recommencer une ou deux fois suffit généralement à sentir la tension diminuer nettement. Certains coureurs complètent ce geste par une légère torsion du buste, toujours en douceur, qui mobilise différemment les muscles obliques et peut apporter un soulagement complémentaire selon la localisation exacte de la douleur.

Posture de course et gainage, des facteurs sous-estimés

La façon de courir influence elle aussi la fréquence des points de côté, un aspect souvent négligé au profit de la seule question de la respiration. Une posture trop penchée vers l'avant, courante en fin de course lorsque la fatigue s'installe, comprime la cage thoracique et gêne l'amplitude respiratoire, ce qui favorise justement la respiration courte et haute évoquée plus haut. Se redresser légèrement, ouvrir la poitrine et relâcher les épaules pendant l'effort laisse davantage de place au diaphragme pour se mouvoir pleinement à chaque respiration. Un gainage abdominal insuffisamment développé joue également un rôle : des muscles profonds du tronc trop faibles stabilisent moins bien les organes digestifs à chaque impact au sol, ce qui accentue les mouvements internes propices à l'irritation du péritoine. Quelques séances hebdomadaires de gainage, planche ou exercices similaires, en complément de l'entraînement de course, renforcent cette stabilité et réduisent progressivement la sensibilité aux points de côté chez les coureurs qui y sont sujets régulièrement. La natation ou le vélo, sollicitant le tronc différemment de la course, complètent utilement ce travail de fond sans ajouter d'impact supplémentaire sur les articulations.

Ce que révèle la fréquence des points de côté

Un point de côté isolé, qui survient une fois de temps en temps après un repas mal calé ou un départ trop rapide, ne mérite pas d'attention particulière au-delà des gestes déjà décrits. En revanche, des points de côté qui reviennent à presque chaque sortie, toujours au même moment de l'effort et au même endroit, méritent d'être pris comme un signal à interpréter plutôt qu'une fatalité à subir. Ils indiquent souvent un déséquilibre précis, un rythme de course trop soutenu par rapport au niveau d'entraînement du moment, une routine de repas mal ajustée aux horaires de course, ou un travail respiratoire encore insuffisant. Tenir un court carnet de course, en notant l'heure du dernier repas, l'allure de départ et le moment d'apparition du point de côté sur quelques sorties, aide à repérer le facteur déclenchant dominant et à ajuster la routine en conséquence plutôt que de subir la même gêne semaine après semaine.

Point de côté et courbatures, deux désagréments différents

Il ne faut pas confondre le point de côté, une douleur vive et localisée qui survient pendant l'effort, avec les courbatures qui apparaissent parfois 48 heures après le sport, une gêne musculaire diffuse liée à de microlésions dans les fibres sollicitées. Le premier tient à la respiration et à la digestion, les secondes à l'intensité et à la nouveauté de l'effort musculaire fourni. Les deux sont bénins, mais ne se préviennent pas de la même façon : l'un par une meilleure gestion du repas et de la respiration, les autres par une progression raisonnable de l'intensité et un échauffement suivi d'étirements adaptés.

Quand consulter un médecin

Un point de côté classique, qui s'atténue avec le ralentissement de l'allure et la respiration, ne justifie aucune inquiétude. Certains signes, en revanche, méritent un avis médical, en particulier si la douleur ne ressemble pas à un point de côté habituel ou si elle s'accompagne d'autres symptômes.

Signes qui doivent alerter

Une douleur thoracique, un essoufflement disproportionné par rapport à l'effort fourni, des palpitations, des vertiges ou une douleur qui persiste bien après l'arrêt complet de la course doivent conduire à consulter un médecin avant de reprendre l'entraînement, afin d'écarter toute autre cause.

Bénin mais frustrant, le point de côté n'a rien d'une fatalité pour qui court régulièrement. En ajustant simplement le timing des repas, la respiration et l'entrée en course, la grande majorité des coureurs parviennent à l'espacer nettement, voire à le faire disparaître complètement de leurs sorties.

Questions fréquentes

Le point de côté est-il dangereux ?

Non, il s'agit d'une gêne bénigne liée à une irritation du péritoine ou du diaphragme, sans lien avec un problème cardiaque ou musculaire grave, sauf s'il s'accompagne de symptômes inhabituels comme une douleur thoracique.

Faut-il s'arrêter de courir quand un point de côté apparaît ?

Pas nécessairement : ralentir l'allure et souffler profondément par la bouche suffit souvent à le faire disparaître en une à deux minutes, sans interrompre complètement l'effort.

Pourquoi le point de côté revient-il toujours du même côté ?

Chez de nombreux coureurs, l'expiration tombe systématiquement sur le même pied à chaque foulée, ce qui concentre toujours la même contrainte sur le même point de l'abdomen.

Combien de temps avant de courir faut-il arrêter de manger ?

Un repas copieux se digère mieux en deux à trois heures avant l'effort ; une collation légère et facile à digérer peut être prise environ trente minutes avant le départ.

Les coureurs expérimentés ont-ils encore des points de côté ?

Oui, même les coureurs entraînés peuvent en ressentir, en particulier lors d'un départ trop rapide ou après un repas mal digéré, même si l'entraînement régulier tend à en réduire la fréquence.

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