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Détecteur de monoxyde de carbone : où l'installer et comment l'entretenir

Invisible et inodore, le monoxyde de carbone intoxique chaque hiver. Comment choisir un détecteur fiable, où le placer précisément, où ne pas le mettre, comment l'entretenir et que faire si l'alarme sonne.

Par la rédaction 8 min de lecture
Détecteur de monoxyde de carbone fixé au mur d'un salon équipé d'un poêle à bois

Chaque hiver, avec la remise en route des chauffages, le monoxyde de carbone provoque des intoxications dans les logements. Ce gaz est invisible, sans odeur et sans goût : impossible de le détecter sans appareil, et ses premiers symptômes, maux de tête, nausées, fatigue, ressemblent à ceux d'une grippe. Un détecteur de monoxyde de carbone bien choisi, bien placé et bien entretenu est une protection simple et peu coûteuse, qui complète, sans le remplacer, l'entretien des appareils à combustion. Voici d'où vient ce gaz, quels logements sont concernés, comment choisir un détecteur fiable, où l'installer précisément et où ne surtout pas le mettre, comment l'entretenir, et que faire si l'alarme se déclenche.

Le monoxyde de carbone, un danger invisible

Le monoxyde de carbone se forme lors d'une combustion incomplète, quand un combustible brûle sans assez d'oxygène : gaz, fioul, bois, granulés, charbon, essence. Une fois inhalé, il se fixe sur les globules rouges à la place de l'oxygène et prive progressivement l'organisme de l'oxygène dont il a besoin.

Les sources possibles dans un logement sont nombreuses :

  • Chaudière au gaz ou au fioul, chauffe-eau et chauffe-bain au gaz.
  • Poêle à bois ou à granulés, insert, cheminée, en particulier si le conduit est encrassé ou le tirage insuffisant.
  • Appareils de chauffage d'appoint à combustion, utilisés en continu ou dans une pièce mal aérée.
  • Groupe électrogène, barbecue ou brasero utilisés à l'intérieur ou dans un garage, ce qui ne doit jamais être fait.
  • Moteur de véhicule tournant dans un garage attenant à la maison.

Les symptômes qui doivent alerter

Maux de tête, nausées, vertiges, fatigue inhabituelle, troubles visuels, surtout s'ils touchent plusieurs personnes du foyer en même temps, s'atténuent quand on sort du logement ou s'accompagnent d'un comportement anormal des animaux. Dans ce cas, aérez immédiatement, arrêtez les appareils à combustion, sortez et appelez les secours (le 112, le 18 ou le 15 en France).

Faut-il un détecteur, et lequel choisir ?

En France, le détecteur de fumée est obligatoire dans les logements, mais le détecteur de monoxyde de carbone ne l'est pas de manière générale. Il est pourtant vivement recommandé dans tout logement équipé d'un appareil à combustion ou d'un garage attenant. Son prix, modeste au regard du risque, en fait l'un des équipements de sécurité les plus rentables d'une maison, au même titre que l'extincteur de cuisine. Attention : les deux appareils ne sont pas interchangeables. Un détecteur de fumée ne détecte pas le monoxyde de carbone, et inversement. Il existe des modèles combinés, qui réunissent les deux fonctions.

Pour choisir :

  • Vérifiez la conformité à la norme européenne EN 50291, qui encadre les détecteurs de monoxyde de carbone à usage domestique, et la présence du marquage CE.
  • Préférez un modèle à pile longue durée, souvent scellée pour toute la durée de vie de l'appareil, plutôt qu'à piles remplaçables qu'on oublie de changer.
  • Un écran affichant la concentration peut être utile pour suivre une situation, sans être indispensable.
  • Un signal de fin de vie indique quand remplacer le détecteur.
  • Les modèles interconnectés, qui déclenchent tous les détecteurs de la maison quand l'un d'eux détecte, sont intéressants dans une grande maison ou sur plusieurs niveaux.

Où installer un détecteur de monoxyde de carbone

La position du détecteur détermine son efficacité. Suivez toujours en priorité la notice du fabricant, qui précise la hauteur et les distances adaptées à son modèle. Les principes généraux sont les suivants.

Dans quelles pièces

  • Dans chaque pièce contenant un appareil à combustion : chaudière, poêle, insert, chauffe-eau au gaz.
  • Près des chambres, pour être réveillé en cas d'alerte la nuit, moment où l'intoxication est la plus dangereuse.
  • Dans la pièce de vie principale si un appareil de chauffage y fonctionne de longues heures.
  • À chaque niveau du logement dans une maison sur plusieurs étages.

À quelle distance et à quelle hauteur

Dans la pièce où se trouve l'appareil, les fabricants recommandent généralement de placer le détecteur à une distance horizontale de un à trois mètres environ de l'appareil, ni trop près, pour éviter les fausses alarmes liées au démarrage, ni trop loin. La hauteur dépend du modèle : certains se fixent en hauteur, au mur près du plafond ou au plafond à distance des murs, d'autres à hauteur de respiration, notamment dans les chambres.

EmplacementPourquoi
Pièce de la chaudière, du poêle ou de l'insert, à 1 à 3 mètres environDétection rapide d'une fuite à la source
Couloir ou palier desservant les chambresAlerte audible pendant le sommeil
Chaque niveau de la maisonCouverture de l'ensemble du logement
Pièce de vie chauffée par un appareil à combustionSurveillance des longues périodes d'utilisation

Les emplacements à éviter

À éviter

  • Juste au-dessus d'une cuisinière, d'un évier ou d'un appareil de chauffage.
  • Près d'une fenêtre, d'une porte, d'une bouche d'aération ou d'une hotte.
  • Dans la salle de bains ou une pièce très humide.
  • Derrière un meuble, un rideau, dans un placard.
  • Dans un garage poussiéreux ou un local non chauffé, sauf modèle prévu pour.

Pourquoi

  • Risque de fausses alarmes ou de capteur abîmé par la chaleur et les vapeurs.
  • Les courants d'air diluent le gaz et retardent la détection.
  • L'humidité et la condensation perturbent le capteur.
  • L'air ne circule pas jusqu'au détecteur.
  • Poussière, froid et gaz d'échappement faussent les mesures.

Entretenir son détecteur

  • Testez-le régulièrement, par exemple une fois par mois, en appuyant sur le bouton de test : il vérifie l'alarme et l'électronique.
  • Dépoussiérez-le délicatement avec un chiffon sec ou un aspirateur à faible puissance, sans produit ni aérosol.
  • Ne le peignez jamais et n'y collez rien.
  • Surveillez la pile : un bip court et régulier signale généralement une pile faible ou une fin de vie, selon les modèles.
  • Remplacez l'appareil à la fin de la durée de vie indiquée par le fabricant, souvent de plusieurs années : le capteur s'use avec le temps, même si l'appareil semble fonctionner.

Un détecteur qui émet des bips inexpliqués n'est pas forcément en alerte : il signale souvent une pile faible ou une fin de vie. Les mêmes causes de bips intempestifs existent sur les détecteurs de fumée, comme l'explique notre article sur le détecteur de fumée qui bipe sans raison. Consultez la notice pour distinguer un signal d'entretien d'une véritable alarme, généralement beaucoup plus forte et continue.

Les situations à risque en hiver

Certaines circonstances augmentent nettement le risque d'intoxication, et méritent une vigilance particulière.

  • La première mise en route de la saison : un appareil resté à l'arrêt plusieurs mois, un conduit où un nid ou des débris se sont accumulés, une ventilation obstruée pendant l'été. L'entretien annuel avant la saison de chauffe prend ici tout son sens.
  • Les épisodes de redoux, de brouillard ou de vent fort : ils peuvent perturber le tirage des conduits de fumée et faire refouler les gaz de combustion dans le logement.
  • Les coupures de courant et les intempéries : c'est souvent dans ces moments que l'on utilise un chauffage d'appoint à combustion de façon prolongée, ou un groupe électrogène placé trop près de la maison. Celui-ci doit toujours fonctionner à l'extérieur, loin des portes, fenêtres et entrées d'air.
  • Le calfeutrage excessif : boucher les grilles d'aération, poser des boudins sur toutes les portes ou isoler sans prévoir de ventilation réduit l'apport d'air nécessaire à la combustion.
  • Les travaux : changement de fenêtres, isolation, installation d'une hotte puissante peuvent modifier l'équilibre de l'air dans le logement et perturber le tirage d'un appareil existant. Faites vérifier l'installation après ce type de travaux.
  • La résidence secondaire ou la location de vacances : vous ne connaissez pas l'historique d'entretien des appareils. Un petit détecteur portable, emporté dans vos bagages, est une précaution utile.

Que faire si l'alarme se déclenche

  1. Aérez immédiatement : ouvrez portes et fenêtres en grand.
  2. Arrêtez les appareils à combustion : chaudière, poêle, chauffe-eau, chauffage d'appoint, si vous pouvez le faire sans vous exposer.
  3. Sortez du logement avec toutes les personnes et les animaux.
  4. Appelez les secours si quelqu'un présente des symptômes : maux de tête, nausées, malaise, somnolence.
  5. Ne rentrez pas avant d'y avoir été autorisé, et ne remettez pas les appareils en marche avant leur vérification par un professionnel qualifié, qui recherchera l'origine du problème.

Même si l'alarme s'arrête après l'aération, ne la considérez pas comme une fausse alerte sans vérification : un appareil mal réglé, un conduit partiellement obstrué ou une ventilation bouchée peuvent être en cause.

Prévenir avant tout : l'entretien des appareils

Le détecteur est un filet de sécurité ; la première protection reste la prévention.

  • Faites entretenir chaque année votre chaudière, votre chauffe-eau au gaz et vos appareils de chauffage par un professionnel, comme la réglementation l'impose pour la plupart d'entre eux.
  • Faites ramoner les conduits de cheminée et de poêle selon la fréquence prévue par la réglementation locale. Une vitre de poêle qui noircit vite est souvent le signe d'une combustion de mauvaise qualité, à corriger.
  • Ne bouchez jamais les entrées d'air ni les bouches de ventilation, même pour gagner un peu de chaleur.
  • N'utilisez jamais de groupe électrogène, de barbecue ou de brasero à l'intérieur, ni dans un garage, même porte ouverte.
  • Respectez les conditions d'usage des chauffages d'appoint à combustion : jamais en continu, toujours dans une pièce aérée.
  • Restez attentif aux signes d'anomalie : flamme jaune ou orangée au lieu de bleue sur un appareil au gaz, traces noires autour d'un appareil, odeur inhabituelle, condensation importante sur les vitres d'une pièce chauffée.

Si votre chaudière se met en sécurité de manière répétée, ne vous contentez pas de la réarmer : notre article sur la chaudière qui se met en sécurité explique comment réagir.

Questions fréquentes

Le détecteur de monoxyde de carbone est-il obligatoire ?

En France, le détecteur de fumée est obligatoire dans les logements, mais pas, de manière générale, le détecteur de monoxyde de carbone. Il est cependant vivement recommandé dans tout logement équipé d'un appareil à combustion ou d'un garage attenant.

Où placer un détecteur de monoxyde de carbone ?

Dans chaque pièce contenant un appareil à combustion, à environ un à trois mètres de celui-ci, ainsi que près des chambres et à chaque niveau du logement. Suivez la notice du fabricant pour la hauteur exacte, et évitez les fenêtres, bouches d'aération, salles de bains et emplacements au-dessus des appareils.

Un détecteur de fumée détecte-t-il le monoxyde de carbone ?

Non. Ce sont deux appareils différents, qui détectent des dangers différents. Il existe des modèles combinés qui réunissent les deux fonctions, à condition qu'ils respectent les normes de chacune.

Que faire si le détecteur de monoxyde de carbone sonne ?

Aérez immédiatement, arrêtez les appareils à combustion si possible, sortez du logement avec tout le monde et appelez les secours si quelqu'un a des symptômes. Ne remettez pas les appareils en marche avant leur vérification par un professionnel.

Combien de temps dure un détecteur de monoxyde de carbone ?

Sa durée de vie est limitée et indiquée par le fabricant, souvent de plusieurs années. Au-delà, le capteur perd en fiabilité : remplacez l'appareil, même s'il semble encore fonctionner. Beaucoup de modèles signalent leur fin de vie par un bip spécifique.

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